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Le Voyage - Carnets de voyage

31/12/2008 - California, wine country ! - Californie

Introduction

Ce paradis viticole est une source de vins délicieux et riches depuis plus d’un siècle. On ne voyage pas en Californie sans emprunter la route des vins de Sonoma et de Napa Valley, ceci dit, d’autres régions regorgent de grands vins mais ne jouissent pas la même popularité… Et tant mieux ! Puisque les touristes se font plus rares et les vins bien moins onéreux !


Régions viticoles du Sud de la Californie :

Lorsque vous longez la côte entre Los Angeles et San Francisco par la route N°1, qui n’est autre que la fameuse Panamerica qui traverse les Amériques du Canada au Chili, il vous est difficile d’éviter Santa Barbara et la Vallée de Santa Ynez. Notre halte de deux jours dans le coin nous a mené vers de superbes vignobles et fait découvrir des vins à fortes identités. Nous avons découvert une vallée en devenir, encore peu connue du grand public mais où des gens charmants élaborent de très grands vins. Beckmen Winery fait partie de ces gens qui osent et qui innovent. L’œnologue Mikael Sigouin, un jeune hawaïen, élabore un Grenache unique en son genre, foulé avec l’érafle (35%), lui donnant à la fois du corps et du tannin mais aussi beaucoup de fruit exprimant le coté féminin de ce cépage.

Portrait du terroir :
Latitude : 38 – 40 °N
Altitude : 20 – 700 m. Les régions de la vallée sont près du niveau de la mer, tandis que les zones montagneuses de Sonoma peuvent culminer à 600 m. Les vignobles de Spring Mountain qui surplombent Napa sont même à plus haute altitude.
Topographie : Napa est la principale rivière de Napa Valley ; la rivière Russian coule à travers certaines parties de Sonoma. Les terres proches de ces rivières sont trop fertiles pour donner de bons raisins, mais celles plus éloignées offrent souvent des conditions idéales.
Sol : Le terreau et l’argile dominent, mais les sols sont très variés.
Climat : Les hivers sont assez pluvieux (mis à part celui-ci puisqu’il n’a pas plu depuis plusieurs mois) ; les étés très chauds et les automnes doux et secs.
Températures et précipitations : Moyenne de 22°C en juillet et une moyenne de 950 mm.

En 1969, la surface totale des vignobles du comté de Santa Barbara était inférieure à 5 ha. Aujourd’hui, il y a plus de 8000 ha de vignes. Les vallées qui s’étirent d’est en ouest laissent entrer les brises maritimes, qui rendent le territoire propice à la culture des cépages de Bourgogne, Chardonnay & Pinot Noir. Dans cette vallée de Santa Ynez, la température augmente d’environ 0,5 °C tous les 3 Km, lorsque l’on s’éloigne de l’océan. Les domaines de l’ouest et ceux de l’est ne jouissent donc pas des mêmes conditions. Une large gamme de cépages y est cultivée. Les variétés de Bourgogne et le Riesling se plaisent dans la partie ouest, plus fraiche, tandis que les cépages du Bordelais et du Rhône prospèrent dans l’est de la vallée plus chaude.
C’est cette raison qui, un jour, a motivé quelques vignerons influents de l’ouest de la Valley comme Richard Sanford et Brian Babcork à travailler sur une nouvelle AVA : Santa Rita Hills (AVA = la traduction d’AOC aux Etats-Unis, pour American Viticultural Area). Nous aurons la chance de rencontrer Brian Babcork qui a pris le temps de tout nous expliquer. Selon Brian, Santa Rita Hills est une des régions les plus froides de Californie mais également la plus petite appellation de l’état. « L’idée, c’était de créer une identité propre à cette zone géographique à l’ouest, plus qualitative, au cœur même de l’appellation générale « Santa Ynez Valley ». Santa Rita Hills se trouve dans un couloir, à 15 milles (24 Km) de l’océan Pacifique et de ses courants artiques, il y fait encore plus frais que dans le reste de la vallée ».
Le point fort de Santa Rita Hills ? Des températures très basses en début et fin de journée grâce au brouillard maritime qui permet une maturation lente du raisin et donc le développement d’arômes. Les hivers sont doux et les étés frais et tempérés avec une moyenne de 21,3 °C en juillet. Le sol est composé de terreau sableux et argileux alcalin. Des dépôts marins dans les vallées basses et sur les côtes. Ensuite, ne l’oublions pas, nous sommes en Californie et les températures grimpent vite lorsque le soleil est au zénith, le raisin a alors le temps de murir correctement. Selon Brian Babcork, l’objectif était donc clair, « il fallait se différencier de la partie Est de la Vallée beaucoup plus chaude, et montrer aux gens que nous faisions des vins incomparables avec ceux de la région !» Ceci dit, la mise en place de cette AVA n’a pas été de tout repos. La bodega Santa Rita au Chili, un mastodonte installé dans la vallée de Maipu au sud de Santiago, lui a interdit l’utilisation du nom avec, pour se défendre, une armée d’avocat de la même taille… En face, les autorités Américaines n’avait ni l’argent, ni l’envie de batailler avec cette bodega pour la création d’une AVA de seulement 500 ha. Alors Richard Sanford a rendu visite aux Chiliens en 1999 pour engager des négociations qui dureront 3 ans. Aux termes des ces négociations en 2001, après avoir justifié les raisons d’une telle appellation, les vignerons de la zone ont pu utiliser le nom mais à condition d’utiliser l’abréviation Sta pour Santa. l’AVA Sta Rita Hills était née, voilà pour la petite histoire.
Cette micro zone compte aujourd’hui une vingtaine de domaines et quarante producteurs de raisin qui vendent à ces derniers. Les vignerons du cru aiment dire qu’ils résident dans la Bourgogne Californienne et que Bordeaux se trouve plutôt vers la Napa Valley, qui elle est bordée de colline à l’est et à l’ouest ne profitant donc pas autant du brouillard maritime. La Bourgogne ! A l’exception des pluies, qui ici sont presque inexistantes en été, il tombe 400 mm par an. Le cycle végétatif de la vigne est beaucoup plus long que chez nous ou que dans d’autre régions de Californie puisqu’il peut démarrer en février et la récolte peut durer jusqu’en novembre. Chad Melville se laisse dire que Santa Rita Hills connait les maturations les plus lentes du monde. Il ya quelques mois, Robert Parker a comparé les Pinots Noirs de Santa Rita aux plus grand pinots de Bourgogne. Sur ces 500 ha de vignes, c’est donc le Pinot noir, foncé et puissant, mais parfumé, qui est le cépage le plus prometteur avec de plus en plus de syrah.

Nous rendrons visite à Steve Fennell, winemaker et manager général de SANFORD winery, une des plus réputées de la région. Richard Sanford fut l’un des premiers à cultiver du Pinot noir dans le comté, lorsqu’il créa son vignoble en 1971. Dix ans plus tard, il fonda son établissement et étendit ses vignes. Ses blancs sont amples, boisés et légèrement sucrés mais son pinot noir est vraiment exceptionnel.


Régions viticoles du nord de la Californie :

Nous voila maintenant sur la côte nord qui s’étend au nord de San Francisco et englobe quatre comtés : Napa Valley, Sonoma, Mendocino et Lake.

Portrait du Terroir :
Latitude : 20 – 700 m. Les régions de la vallée sont près du niveau de la mer, tandis que les zones montagneuses de Sonoma et de Mendocino peuvent culminer à 600 m. Les vignobles de la Spring Mountain qui surplombe Napa sont même à plus haute altitude.
Topographie : Napa est la principale rivière de Napa Valley, et la rivière Russian coule à travers certaines parties de Sonoma. Les terres proches de ces rivières sont trop fertiles pour donner du bon raisin, mais celles plus éloignées offrent souvent des conditions idéales.
Sol : Le terreau et l’argile dominent, mas les sols sont très variés.
Climat : Les hivers sont assez pluvieux, les étés très chauds et les automnes doux et secs.
Températures : Moyenne de 22°C en juillet.
Précipitations : Moyenne annuelle de 950 mm.
Risques pour la vigne : Gelées printanières ; sècheresse ; maladie de Pierce.

Napa produit les vins rouges les plus fins des Etats-Unis ou disons plutôt que les grands vins Américains se trouvent à Napa, puisque sur les 342 domaines que compte cette appellation, tous n’ont pas la réputation et la gloire de Robert Mondavi ou d’Opus One. Presque chaque parcelle de terre est exploitée, ce qui limite l’expansion des vignobles et fait grimper le prix des terres. Un hectare de vigne en Napa coute entre 300 000 et 600 000 dollars. Presque aussi cher qu’en Champagne qui détient la palme d’or du prix par hectare en France et dans le monde avec 626 000 €/ ha. En 2006, le prix de la terre viticole en France s'est redressé, malgré la crise. Suivent alors l’Alsace 133 700€/H , la Bougogne 85 300€ , Bordeaux 56 500€, la Vallée du Rhône 36 700€, le Jura 31 400€, la Provence & la Corse 30 200€, le Val de Loire 26 000€, Cognac 19 900€, Sud Ouest 13 300€, le Languedoc, Roussillon 10 500€ et en Armagnac 10 100€. (Ces prix sont une moyenne et ne concernent pas les "grandes maisons", en Pomerol, Pauillac, Margaux ou Pessac Léognan..., où il n'est pas rare que le prix de l'hectare dépasse le million d'euros !)
Voici un élément de réponse à la question que nous nous sommes posée tout le long de notre séjour en Napa Valley : Mais pourquoi les vins sont ils aussi chers ? Nous avons trouvé que les prix de la plupart des vins étaient exagérés. Il est rare de trouver une bouteille en vente dans un caveau, quelque soit sa qualité, à un prix inférieur à 28 dollars soit 20 euros la bouteille ; et les vignerons ne rencontrent aucunes difficultés à les vendre. Au-delà d’être l’état le plus riche d’Amérique, on estime à 4,7 millions le nombre de touristes venant déguster les vins et profiter de l'art de vivre dans la région, ce qui fait de la Napa Valley la seconde destination touristique en Californie après Disneyland.

Pour revenir au vignoble, le cabernet-sauvignon règne en maître absolu. Alliant un fruité opulent et une structure ferme et tannique, il est plus puissant et charnu que les vins du Bordelais. Cependant les vins de merlot, de syrah et de zinfandel peuvent être excellents.
Le zinfandel a été importé de Croatie. Il représente plus de 10% du vignoble Californien. Il est souvent associé à la viticulture californienne en raison de sa popularité dans cet État. Il est utilisé principalement dans la réalisation de vins rouges mono cépage et de vins rosés désignés white zinfandel. Le zinfandel possède un tel niveau de sucre qu'il était à l'origine cultivé aux États-Unis pour être vendu en tant que raisin de table. Ce sucre, après fermentation, donne de forts degrés d'alcool, parfois 15° ou plus. Les vins rouges de zinfandel se distinguent généralement par une robe très sombre et un bouquet épicé, voire poivré, et une bouche forte en épices et en fruits noirs. Un grand nombre de parcelles de Zinfandel en Napa Valley sont centenaires, ce sont les plus vielles vignes de la vallée mais malgré cela, ce cépage n’aura pas marqué le palais des Audois qui préfèreront le parfum exquis de certains pinots noirs.

Les 15 000 hectares de vignes représentent seulement 11% du vignoble californien et 4% de la production de vin. Napa possède des conditions climatiques variées. Sa partie Nord, autour de Calistoga, est beaucoup plus chaude que les régions du sud telles Yountville et les Carneros. Il existe aussi des différences importantes entre les terrasses plates de la vallée et les vignobles de montagne.


Les visites les plus marquantes :

Robert Mondavi à Oakville

C’est Robert Mondavi qui fit connaître Oakville lorsqu’il y construit son établissement de style espagnol dans les années 1960. Ces sites situés sur des terrasses plates naturelles, sont semblables à ceux de Rutherford. S’il est moins puissant que celui de Rutherford, le cabernet-sauvignon d’Oakville est en revanche souvent bien plus épicé. Le climat plus frais, convient bien aux cépages blancs, surtout au sauvignon blanc et au chardonnay.
Depuis, le domaine Robert Mondavi s'est imposé dans le monde entier comme l'un des principaux innovateurs, producteurs et négociants de vins fins, permettant aux Etats-Unis d'occuper sa place bien méritée dans l'industrie vitivinicole mondiale.

Même si l’on a souvent trouvé les vins Californiens sur-boisés avec des degrés d’alcool trop élevés, avoisinant parfois les 17°, on doit reconnaître le charisme incroyable, le talent et la passion de ce géant, qui a élevé les vins californiens au niveau des plus grands vins du monde.
Dévoué à encourager la naissance d'une culture du vin aux Etats-Unis, Robert Mondavi élargit les tours éducatifs et les dégustations. Sous sa tutelle, et avec le soutien de son épouse Margrit, le domaine célèbre depuis quarante ans les plaisirs du vin, de la gastronomie et des arts. C'est aussi un lieu de création accueillant des concerts de jazz, de musique classique, des expositions et des programmes complets culturels et culinaires, avec notamment des programmes dirigés par d'illustres chefs, tels Paul Bocuse, Alice Waters et Joël Robuchon. Ainsi, Robert Mondavi souhaitait voir une bouteille de vin sur chaque table américaine. Aujourd’hui, les « wines trotters » de Vins des Globes partage la même ambition mais à leur façon....

C'est aussi l'histoire d'un Américain qui a convaincu l'un des plus grands châteaux de Bordeaux, Mouton-Rothschild, de venir dans la vallée de Napa pour y faire avec lui un grand vin franco-californien: l'Opus One. Robert Mondavi est décédé le 16 mai 2008 à l’âge de 94 ans.

Nous avons été reçu au Domaine Robert Mondavi par Geneviève Janssens, œnologue en chef, qui connaissait déjà notre projet et avait rencontré nos prédécesseurs « wines trotters ». Geneviève nous a réservé un accueil incroyable. Cette rencontre restera parmi les visites les plus intéressantes et les plus familiales de notre périple, comme elle nous a dit lorsque nous l’avons remercié : « c’est ça l’esprit Robert Mondavi! Il a toujours reçu les gens avec beaucoup de passion parce que le monde du vin c’est avant tout un monde de partage… ». La maison Robert Mondavi nous offre un magnum Réserve 2006 pour notre vente aux enchères.

Suite à notre visite, Geneviève nous contactera pour nous mettre en relation avec son fils, Georges (étudiant en Hollande) et son ami Anja d’origine Russe pour discuter de la relève de Vins des Globes pour 2010. Donc à notre plus grande joie, nous espérons fortement que ce binôme « international » reprendra le flambeau pour défendre les couleurs de Vins des Globes l’année prochaine. Nous vous tiendrons au courant de la suite des évènements.


Opus One situé juste en face de Robert Mondavi

Vincent Montigaud, directeur de Baron'Arques à Limoux, nous apporte une aide précieuse et nous ouvre les portes d’Opus One grâce à ses relations professionnelles avec le Domaine. Yasko Cadby, responsable des relations publiques, nous réserve un accueil privilégié. Nous visiterons les coulisses du Domaine et avons droit à une dégustation privée du Millésime 2005. Opus One nous fait également le don d’une bouteille pour la vente aux enchères qui aura lieu en juin lors de Vinexpo. Nous aurons aussi la chance de rencontrer sur place Perrine Mirc, originaire de Limoux, en terre d’Aude, et assistante de production chez Opus One.

Opus ! Tout simplement le vin numéro un aux USA. Un vin étonnant de puissance et de structure, digne des plus grands Languedoc. Une splendeur !

Opus One est le numéro un de la Napa Valley. A l’origine, il est le fruit de l'association entre Robert Mondavi et la Baron Philippe de Rothschild, c'est un vin unique. L'idée de créer un tel vin est née en 1970, lors d'une rencontre entre les deux hommes, mais c'est en 1979 que le premier millésime de ce vin est produit, entrant immédiatement dans la légende. La réalisation fut conjointement menée dès le départ, avec comme responsable de la vinification, Lucien Sionneau, maître de chais du Château Mouton Rothschild, et Timothy Mondavi, le fils de Robert, en place dans les domaines familiaux. Avec un vignoble spécifique ainsi qu'une winery construite sur mesure pour réaliser ce fleuron, Opus One cultive sur ses trois parcelles une grande majorité de Cabernet-Sauvignon (généralement 85 % de l'assemblage) épaulé des classiques Merlot, Cabernet Franc et Malbec, avec depuis quelques années une petite proportion de Petit Verdot. La star absolue de la Napa Valley a changé d'actionnariat avec le rachat de Mondavi par Constellation Brand, mais l'équipe de Mouton est plus que jamais aux commandes.

Sur l’étiquette, le profil de Robert Mondavi à gauche et à droite, celui de Philippe de Rothschild. Ces deux hommes se sont rencontrés lors d’un salon à Hawaii en 1970. Robert Mondavi regarde donc vers l’est, vers la France et Philippe de Rothschild vers l’ouest, les Etats-Unis d’Amérique.

 
Le Voyage - Carnets de voyage

24/11/2008 - Uruguay, Brésil et Mexique : vignobles insoupçonés et marchés émergents - Uruguay, Brésil, Mexique


Intro:

Après avoir dégustés les vins Chiliens et Argentins, nous nous sommes lancés à la découverte des vins d’Uruguay, articulés autour de leur cépage phare : le Tannat. Moins connus que les précédents, ces vins nous ont cependant démontrés que nous avons bien fait de faire un crochet par ce petit pays « coincé » entre l’Argentine et le Brésil.
Nous avons ensuite traversé la frontière pour visiter les vignobles brésiliens, situés majoritairement à Bento Gonçalves, au sud de ce pays continent (Etat du Rio Grande do Sul dont Porto Alegre est la capitale). Cette route des vins a été intéressante puisqu’elle nous a appris que le Brésil produit de bons vins mousseux et propose un oenotourisme structuré. Nous avons aussi été étonnés par la taille démesurée de certains domaines alors que ce n’est pas culturellement un pays producteur de vins.
Enfin, après avoir un peu vadrouillé au Brésil, nous avons continué notre remontée vers le nord en gagnant le Mexique, retrouvant ainsi « notre » hémisphère nord… Lors de notre séjour au pays des Mayas et des Aztèques, nous avons pu organiser à Mexico city une dégustation auprès d’acheteurs potentiels pour les vins de nos amis de Castelmaure et de XL Wines. Nous nous sommes ensuite rendus dans les vignobles de Baja California, au nord du pays, afin de découvrir la petite production mexicaine. Et bien sûr, nous avons vu des villes coloniales et des temples Mayas…


1. URUGUAY

Fiche pays : (source : Wikipedia & Septimanie Export)
L’Uruguay est un petit pays d’Amérique du Sud situé au sud du Brésil et à l’est de l’Argentine
Capitale : Montevideo
Langue officielle : Espagnol
Population : 3 477 778 habitants en 2004 (densité : 19 hab. / km2)
Monnaie : Peso uruguayen (taux de change au 12/12/2008 : 1 EUR = 32,1398 UYU)
Croissance du PIB en 2008 : 3,8 %
IDH (Indice de Développement Humain) : 0,851 en 2004 (élevé : 43ème pays mondial)

Rejoints par nos amis Edouard Baldy, de Carcassonne, et Gaspar-Emmanuel Desurmont que nous avions rencontré lors de notre passage en Inde, c’est donc à quatre que nous nous sommes lancés à la découverte des vignobles d’Uruguay pendant trois jours. La majorité d’entre eux étant situés au sud du pays, dans les environs de Montevideo, il est assez aisé pour les touristes d’arpenter les routes des vins.
Aujourd’hui, le vignoble uruguayen compte environ 10 000 hectares de vigne en production répartis entre les 270 bodegas (ou caves) en activité, pour une production d’environ 1 millions d’hectolitres. L’Uruguay bénéficie de conditions géographiques, géologiques et climatiques exceptionnelles, surtout dans le sud et sud ouest du pays, pour la culture viticole. Les bodegas ont très vite compris la nécessité d’orienter leur production sur des vins de qualité, avec le Tannat comme cépage emblématique et porte-drapeau du pays.
Nous avons été très agréablement surpris par la qualité du travail effectué en Uruguay, que ce soit dans les vignobles, lors de la vinification ou pour l’accueil des touristes. Parmi les domaines visités, nous en retiendrons trois : Pisano, Juanico et De Lucca.

Pisano : Située à Progreso, à 25 km au nord de Montevideo, la bodega Pisano est un domaine de 15 ha bénéficiant d’un climat atlantique frais et ensoleillé. Après avoir passé du temps avec le viticulturiste dans les vignes, nous avons eu la chance de vivre une dégustation unique avec Daniel Pisano. Fils du pionnier Cesare (que nous avons aussi rencontré), il s’occupe aujourd’hui des ventes, du marketing et des relations publiques du domaine familial. Enthousiasmé par notre projet, il nous fait gouter toute sa gamme ; nous passons ainsi plusieurs heures attablés à la petite salle de dégustation aux étagères et poutres remplies de bouteilles de vins du monde… vides ! Ami de notre partenaire Dominique Auzias, Daniel Pisano et son irrésistible moustache nous est apparu comme un exemple de générosité et de disponibilité. Une dégustation coup de cœur avec une gamme très qualitative ; les vins sont d’ailleurs reconnus à leur niveau, comme l’attestent les nombreuses récompenses reçues.

Juanico : Située à Canelones, à 40 km au nord de Montevideo, la bodega Juanico est un domaine de 240 ha bénéficiant d’une température annuelle moyenne de 16,6 °C. Etablissement pionnier en Uruguay depuis son rachat en 1979 par la famille Deicas, il est la locomotive des vins uruguayens. Après une longue et profonde réorganisation dans les années 1980, il a donné naissance au premier Grand Cru d’Uruguay en 1992, a été le premier domaine à exporter un container de vins Uruguayens en 1994, a reçu la première médaille d’or pour un vin d’Uruguay en 1996 et a été la première bodega d’Amérique du Sud à être certifiée ISO 9001 en 1998. Nous sommes admirablement bien reçus par l’œnologue José Maria Lez, également vice-président de l’Union Internationale des Œnologues. Il nous convie à déguster ses très bons vins accompagnés de succulents petits fours et charcuterie… Nous sommes ébahis devant la pertinence du discours de José Maria Lez, tant sur sa technique que sur sa vision commerciale et les moyens qu’il utilise et met en œuvre pour parvenir à ses objectifs. Très pointu sur la viticulture et la vinification, il possède de plus une très bonne connaissance du marché mondial et gère la bodega tel un capitaine d’entreprise ayant un œil sur tout. Quel bel esprit structuré ! Une très belle rencontre et un exemple de gestion d’un domaine.

De Lucca : Située à El Colorado, à 35 km au nord de Montevideo, la bodega De Lucca est un domaine de 50 ha produisant d’excellents vins. Bénéficiant comme les précédents d’un climat océanique avec de fortes variations de température entre le jour et la nuit, les raisins connaissent une longue période de maturation donnant ainsi naissance à des vins élégants. Nous rencontrons malheureusement trop rapidement Reinaldo de Lucca, le propriétaire (nous sommes ensuite attendus avec la responsable de la faculté de viticulture – œnologie de Montevideo). D’origine italienne, parlant très bien le français car ayant fait ses études à l’Agro de Montpellier (d’où il garde un excellent souvenir de ces années passées notamment avec Loïc Breton, notre partenaire de VCR), Reinaldo de Lucca est un personnage riche en couleurs et difficile à quitter dès votre première rencontre ! Très accès sur le terroir, il accorde beaucoup d’importance à produire des raisins de qualité, ce qui se ressent en dégustant ses vins.


2. BRESIL

Fiche pays : (source : Wikipedia & Septimanie Export)
Le Brésil est le pays le plus vaste (plus de 12 fois la France) et le plus peuplé d'Amérique latine. C'est aussi le cinquième pays du monde par la superficie et par le nombre d'habitants.
Capitale : Brasilia
Langue officielle : Portugais
Population : 190 000 000 habitants en 2008 (densité : 21,6 hab. / km2)
Monnaie : Real (taux de change au 12/12/2008 : 1 EUR = 3,1314 BRL)
Croissance du PIB en 2008 : 4 %
IDH (Indice de Développement Humain) : 0,800 en 2007 (élevé : 70ème pays mondial)

Quittant l’Uruguay en bus de nuit, nous arrivons à Porto Alegre, capitale de l’Etat Rio Grande do Sul où nous louons une voiture pour nous rendre tous les quatre à Bento Gonçalves, cœur de la production vitivinicole brésilienne.
La viticulture a été introduite au Brésil au XVIIème siècle par des colons européens, italiens et allemands principalement. C’est la fondation de missions catholiques qui dynamisa la culture de la vigne au Brésil.
L’encépagement est de près de 50 000 ha, soit près de vingt fois moins qu’en France. La consommation, encore timide (environ 2 L / hab. / an), est essentiellement locale et nationale, les exportations ne représentant que 5% du volume. Cependant, la consommation nationale de vins est en hausse, principalement dans les grandes villes, Sao Paulo la gastronomique en tête. Ce sont actuellement les vins effervescents et les rosés qui ont le plus le vent en poupe. Même si cette progression est faible en pourcentage, cela représente un potentiel énorme vu l’immense population de ce pays continent.
Malgré le faible poids économique des vins brésiliens, il existe une route des vins très bien développée et organisée autour de Bento Gonçalves. Le touriste peut faire une boucle dans la région, alternant petite et grande bodegas ; il sera toujours bien reçu ! Mais nous lui conseillons malgré tout de parler le portugais… En effet, c’est essentiellement un tourisme national et les brésiliens parlant anglais ou espagnol dans la région sont minoritaires. Pour autant, nous avons appris certaines choses intéressantes. Tout d’abord, la région est capable de produire de bons vins effervescents. Chandon y est ainsi installé depuis 1973, ce qui confirme l’esprit pionnier et innovant de la célèbre maison de Champagne. Nous avons pu rencontrer Philippe Mével, l’œnologue, qui nous a expliqué l’historique de Chandon au Brésil et sa méthode de travail, avant de nous faire déguster sa gamme. Nous avons ensuite pu visiter les plus grands domaines que nous ayons vus durant ce tour du monde. Par exemple, Miolo produit près de 10 millions de kilos de raisins par an quand Salton, énorme « machine », en vinifie 16 millions de kilos ! La consommation nationale tourne donc autour d’un nombre assez limité de domaines, puisque la majorité d’entre eux sont de trop petite taille pour inonder tout le marché national.

Après ces quelques jours à visiter cette étonnante région vitivinicole, nous nous rendons à Sao Paulo, où nous sommes sensés organiser un wine tasting pour nos vignerons languedociens partenaires. Nous avons rencontré Pascal Valéro, Chef du prestigieux restaurant Le Coq Hardy et originaire de Carcassonne, qui nous a donné son accord pour organiser cet événement au sein de son établissement. Malheureusement, nous avons dû y renoncer pour des problèmes d’importation de bouteilles au Brésil. Les normes sont drastiques, les coûts des taxes exorbitants (sans parler du fret…) et notre contact brésilien, importateur de vins, nous a dit qu’il arrivait même fréquemment que les bouteilles « disparaissent » aux douanes… Nous avons donc été raisonnablement découragés de faire envoyer les échantillons languedociens, à notre grand regret vu le potentiel économique de ce pays. Mais cet épisode nous a prouvé que le Brésil est encore un marché compliqué pour exporter ses vins ; cependant, c’est un marché dont il faut connaître les ficelles pour pouvoir être prêt à exporter quand il s’ouvrira.
Notre ami Edouard Baldy nous quitte à Sao Paulo et nous continuons donc la route vers le nord à trois. Nous avons ainsi découvert les incontournables Rio de Janeiro et Salvador de Bahia qui, chacune à sa manière, opèrent sur vous une attractivité et une magie dont il serait dommage de résister… Petite anecdote amusante : lors de notre séjour à Rio de Janeiro, nous avons passé une journée à jouer les figurants dans les favelas (dont la célèbre Rosinha, plus grande favela d’Amérique du Sud), pour le prochain film de Jonathan Nossiter, célèbre réalisateur de Mondovino. Nous avons ainsi pu échanger quelques mots avec lui sur notre belle filière. Rencontre totalement imprévue mais amusante pour nous !


3. MEXIQUE

Fiche pays : (source : Wikipedia & Septimanie Export)
Le Mexique ou États unis mexicains est un pays d’Amérique du Nord, situé au sud des États-Unis (dont il est en partie séparé par le Río Bravo del Norte, appelé Río Grande aux États-Unis) et bordé au sud par le Guatemala et le Belize.
Capitale : Mexico
Langue officielle : Espagnol
Population : 106 682 500 habitants en 2008 (densité : 54 hab. / km2)
Monnaie : Peso Mexicain (taux de change au 12/12/2008 : 1 EUR = 17,5565 MXN)
Croissance du PIB en 2008 : 3 %
IDH (Indice de Développement Humain) : 0,821 en 2004 (élevé : 53ème pays mondial)

Nous voici à nouveau en duo, ayant laissé Gaspar au Brésil pour 3 semaines supplémentaires afin d’y étudier la viticulture tropicale de Pétrolina, au nord-est du pays. Pour nous, c’est direction le Mexique ! Nous sommes accueillis à Mexico par Cédric Trantoul, un vieil ami d’Arnaud qui y vit depuis plus de quatre ans. Nous commençons notre séjour mexicain en faisant les touristes dans la moitié sud du pays, avant de revenir à la capitale pour y organiser notre dégustation des vins de nos partenaires. Pour parachever le tout, nous organisons une petite visite dans les vignobles de Baja California, au nord-ouest du pays.

Le Mexique possède une histoire et une culture très riches, ce qui en fait une destination de premier choix pour tout touriste ! A l’aide de bus plus ou moins grands et confortables, nous avons ainsi fait une boucle d’une petite dizaine de jours comprenant les magnifiques villes coloniales de Oaxaca et San Cristobal de Las Casas, des temples Mayas chargés d’histoire tels que Palenque, Bonampak ou le fameux Chichen Itza et une petite pause paradisiaque à Tulum, sur la Mer des Caraïbes… Superbe périple !

De retour à Mexico, nous avons pu y organiser un bel événement pour faire déguster les vins de nos amis de Castelmaure et de XL Wines (le domaine du Moulin de Lène et Château Grand Moulin n’ayant pas souhaité nous envoyer leurs échantillons). Bien aidés par Cédric Trantoul et ses connaissances, nous avons accueillis nos invités (acheteurs potentiels) sur le toit terrasse de la maison d’Arte Facto, magasin haut de gamme situé au cœur de Palenco, le quartier chic de Mexico. Très séduit par la N°3 de Castelmaure ainsi que par le vin blanc et le champagne de XL Wines, un des importateurs présents a souhaité prendre les coordonnées de nos deux maisons languedociennes. Espérons que cela aboutisse sur une commande !

Pour finir notre périple mexicain, nous passons une journée dans les vignobles de Baja California ; située au nord-ouest du pays, cette région forme la fameuse « pointe » qui prolonge le sud de la Californie américaine (d’où son nom de « Basse » Californie). Région semi-aride, principale région viticole du Mexique (90% de la production nationale, 23 caves et une centaine d’étiquettes), elle jouit d’un micro climat qui permet de surmonter la sècheresse et les problèmes d’irrigation ; la brume, la rosée et la fraîcheur matinales permettent d’économiser de précieux hectolitres d’eaux. La région a misé sur une production de vins de qualité et chers, afin d’affronter la concurrence des vins américains (Argentine, Chili et Californie) dont la production est bien plus importante. Malgré ça, nous avons trouvé les vins irréguliers lors de nos différentes dégustations. Certains sont bons, d’autres franchement mauvais et servis dans des micros verres en plastique… Nous avons pu sentir les efforts effectués et la poussée de l’oenotourisme mais aujourd’hui, la région doit encore progresser pour offrir un ensemble homogène de vins. Parmi les originaux de ce voyage, nous avons trouvé une perle rare en Basse Californie : la bodega Bibayoff. D’origine russe, cette famille produit des vins pour le moins atypique… Nous avons ainsi acheté un collector pour notre cave : un Zinfandel – Cabernet Sauvignon de 2000 avec les fameuses coupoles de la Place Rouge de Moscou sur son étiquette ! Le goût sera-t-il à la hauteur de la fantaisie ?


Ces trois pays ont été très intéressants pour notre culture professionnelle, que ce soit pour avoir découvert quelques vignobles insoupçonnés ou pour s’être confrontés à des marchés au fort potentiel qui seront des pays non négligeables dans les années à venir pour exporter nos vins languedociens.
Nous voici maintenant arrivés à Napa, en Californie, cœur de notre dernière grande région vitivinicole visitée au cours de notre voyage qui touche désormais à sa fin. Ainsi, nous comptons les semaines et non plus les mois qui nous séparent de notre retour !

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